Pourquoi je suis devenu Ambassadeur du Plan National Osez l’IA

Il y a des sujets sur lesquels on peut rester spectateur, et d’autres où l’on finit par se dire qu’il vaut mieux mettre les mains dans le cambouis. L’intelligence artificielle appartient clairement à la seconde catégorie. Après des mois à voir des dirigeants osciller entre fascination et paralysie face à l’IA, j’ai décidé de m’engager concrètement en rejoignant le réseau des Ambassadeurs IA du plan national « Osez l’IA ».

Un constat qui revient sans cesse sur le terrain

Dans la plupart des entreprises que je croise, la question n’est plus « est-ce que l’IA va changer les choses ? » mais « par où commencer, sans se tromper ni se ruiner ? ». Les grands groupes avancent, souvent avec leurs propres équipes. Ce sont surtout les PME, les ETI et les TPE qui restent sur le quai : manque de temps, manque de repères, crainte de se lancer dans un projet coûteux et abstrait, méfiance légitime aussi vis-à-vis des solutions dont on ne maîtrise ni les données ni la dépendance technologique.

C’est exactement cet écart que le plan « Osez l’IA » cherche à combler, et c’est ce qui m’a convaincu de m’y impliquer.

« Osez l’IA », en quelques mots

Lancé en juillet 2025 dans le cadre de la stratégie nationale pour l’IA, « Osez l’IA » poursuit un objectif clair : accélérer la diffusion de l’intelligence artificielle dans le tissu économique français pour en renforcer la compétitivité.

La cible est chiffrée, et fixée à l’horizon 2030 :

  • 100 % des grandes entreprises,
  • 80 % des PME et ETI,
  • 50 % des TPE.

Pour y arriver, le plan repose sur trois leviers simples mais complémentaires : sensibiliser les entreprises aux bénéfices concrets de l’IA, former les équipes, et accompagner les dirigeants pour identifier les bonnes solutions et surtout passer à l’action.

Ce triptyque sensibilisation / formation / accompagnement, c’est aussi la trame de mon rôle d’ambassadeur.

Le rôle d’un Ambassadeur IA (et le mien)

Le réseau des Ambassadeurs IA rassemble des acteurs choisis pour leur connaissance pratique de l’IA et leur ancrage dans les écosystèmes locaux ou sectoriels. Concrètement, notre mission tient en trois verbes :

  • Sensibiliser les entreprises aux bénéfices de l’IA, à travers des actions et des événements de terrain.
  • Relayer les ressources mises à disposition par l’État, en particulier pour favoriser l’adoption de solutions souveraines, un point qui me tient particulièrement à cœur, car adopter l’IA ne doit pas signifier s’enfermer dans une dépendance.
  • Orienter chaque entreprise vers l’interlocuteur ou le dispositif réellement adapté à sa situation, plutôt que de la laisser se perdre dans la jungle des offres.

Ce qui m’a frappé, ce sont les résultats déjà obtenus par le réseau. En neuf mois seulement, les actions de sensibilisation des ambassadeurs ont touché plus de 35 000 entreprises. Nous sommes aujourd’hui 615 ambassadeurs, répartis dans 20 régions et collectivités et couvrant 13 secteurs d’activité. Rejoindre une dynamique déjà en mouvement, avec un impact mesurable, c’est autrement plus motivant que de repartir d’une feuille blanche.

Deux ressources que je relaie systématiquement autour de moi :

Ce que je peux réellement mettre entre les mains des dirigeants

Un ambassadeur qui se contente de dire « l’IA, c’est important » n’apporte pas grand-chose. Ce qui rend le rôle utile, c’est de pouvoir renvoyer vers des outils tangibles. Voici ceux sur lesquels je m’appuie.

La plateforme « Accélérez avec l’IA »

Construite par la Direction générale des Entreprises et Bpifrance, cette plateforme présente des cas d’usage concrets, secteur par secteur et fonction par fonction, ainsi que des témoignages de dirigeants qui sont déjà passés à l’acte. Elle est mise à jour au fil de l’eau, notamment grâce aux contributions d’autres chefs d’entreprise. C’est souvent le meilleur point de départ pour un dirigeant qui veut « voir à quoi ça ressemble vraiment » avant de se lancer.

Les dispositifs financés par France 2030

Pour les PME et ETI qui veulent aller plus loin, deux dispositifs cofinancés par France 2030 sont mis en œuvre par Bpifrance Conseil pour le compte de l’État.

Les Diagnostics Data IA, pour identifier et prioriser les cas d’usage à fort potentiel :

  • une prestation de 8 jours-hommes ;
  • un coût de 10 000 € HT, pris en charge à hauteur de 40 % par France 2030 ;
  • éligibilité : PME et ETI de 10 à 2 000 salariés, immatriculées en France au RCS.

Les Accélérateurs IA, un accompagnement individuel sur-mesure de 18 mois, comprenant un diagnostic 360° avec focus IA puis deux modules d’approfondissement stratégique, avec appui au déploiement, formations collectives et mise en réseau :

  • prise en charge à hauteur de 46 % par France 2030 ;
  • éligibilité : PME et ETI réalisant plus de 8 M€ de chiffre d’affaires, de plus de 50 collaborateurs, avec au moins 3 ans d’existence ;
  • deux formats disponibles : Accélérateur IA et Accélérateur IA & Industrie.

Les ressources France Num pour les TPE et PME

Pour les plus petites structures, qui n’ont ni le temps ni les moyens d’un accompagnement lourd, France Num, l’initiative pour la transformation numérique des TPE-PME, met à disposition une bibliothèque de ressources dédiées à l’IA, gratuites et directement actionnables.

Pourquoi moi, pourquoi maintenant

Si je devais résumer ma motivation, je dirais qu’elle tient en trois convictions.

D’abord, l’IA n’est pas réservée aux géants de la tech. Bien employée, elle est un formidable levier de compétitivité pour une entreprise de dix personnes comme pour une ETI industrielle. Laisser ce terrain aux seuls grands groupes creuserait un fossé que notre économie ne peut pas se permettre.

Ensuite, le rôle d’ambassadeur correspond à ce que j’aime faire : traduire un sujet complexe en décisions concrètes, faire le tri entre l’effet de mode et la valeur réelle, et accompagner sans jargon inutile. Orienter un dirigeant vers le bon dispositif au bon moment, c’est parfois lui faire gagner des mois.

Enfin, la question de la souveraineté compte. Adopter l’IA, oui, mais avec les yeux ouverts sur les données que l’on confie, sur les dépendances que l’on crée, et sur les alternatives souveraines qui existent. Le plan « Osez l’IA » met précisément cet enjeu au centre, et c’est une raison de plus de m’y engager.

C’est d’ailleurs pour ces mêmes raisons que j’ai accepté de prendre la présidence de la commission IA de la CPME Gironde, devenue depuis la semaine dernière « Les entrepreneurs Gironde » (Merci Madame la présidente Cécile DESPONS pour ta confiance). Être ambassadeur au niveau national et animer cette commission au plus près des entrepreneurs girondins, c’est pour moi la même démarche déclinée à deux échelles : faire descendre l’IA du discours vers le concret, et donner aux dirigeants de mon territoire les repères et les bons interlocuteurs pour passer à l’action.

Et maintenant ?

Devenir Ambassadeur IA, ce n’est pas un titre : c’est une disponibilité. Si vous dirigez une entreprise et que vous vous demandez par quel bout prendre le sujet, l’idée est simple : commencez petit, sur un cas d’usage concret, appuyez-vous sur les ressources publiques existantes plutôt que de tout réinventer, et n’hésitez pas à solliciter un ambassadeur près de chez vous.

L’IA ne récompensera pas ceux qui attendent la solution parfaite, mais ceux qui osent le premier pas. C’est tout le sens de ce plan, et c’est exactement pour cela que j’y ai pris ma place.