Bilan trafic internet 2025 : pourquoi les bots représentent désormais 51% des connexions mondiales

Une révolution silencieuse vient de transformer internet. Pour la première fois depuis la création du web, les humains ne sont plus majoritaires en ligne. Selon le rapport Imperva Bad Bot Report 2025, le trafic automatisé représente désormais 51% de l’ensemble du trafic mondial, reléguant les internautes au rang de minorité avec seulement 49% des connexions.

Ce basculement historique n’est pas le fruit du hasard. Il résulte de la démocratisation spectaculaire des outils d’intelligence artificielle et des grands modèles de langage qui ont abaissé les barrières techniques à un niveau jamais atteint. Désormais, créer un bot sophistiqué ne requiert plus de compétences avancées en programmation. Cette nouvelle donne redessine les contours de l’écosystème numérique mondial.

Pourquoi les robots dominent-ils désormais internet ?

Le franchissement de ce seuil symbolique marque l’aboutissement d’une tendance qui s’accélère depuis six années consécutives. La montée en puissance du trafic non humain s’explique par une convergence de facteurs technologiques, économiques et stratégiques qui ont profondément modifié le paysage numérique.

Au cœur de cette transformation se trouve l’intelligence artificielle générative. Les modèles de langage comme ChatGPT, Claude ou Gemini ont révolutionné la capacité à créer des scripts automatisés. Un opérateur malveillant peut désormais demander à une IA de générer du code de scraping en quelques secondes, là où il fallait auparavant des heures de développement et une expertise technique solide.

Cette démocratisation a un effet multiplicateur. Les barrières à l’entrée s’effondrent, le nombre d’acteurs capables de déployer des bots explose, et la sophistication moyenne des attaques augmente. Imperva rapporte avoir bloqué en moyenne 2 millions d’attaques alimentées par l’IA chaque jour en 2024, un chiffre qui illustre l’ampleur du phénomène.

Quelle est la différence entre les bons et les mauvais bots ?

Tous les robots ne se valent pas. Le trafic automatisé se divise en deux catégories aux intentions diamétralement opposées, et cette distinction est fondamentale pour comprendre les enjeux actuels de la cybersécurité.

Les bots bienveillants, ou « good bots », constituent l’ossature invisible du web moderne. Les crawlers de Google, Bing ou DuckDuckGo indexent les pages pour permettre leur référencement. Les vérificateurs de droits d’auteur protègent la propriété intellectuelle. Les outils de monitoring surveillent la disponibilité des sites. Ces robots représentent environ 14% du trafic total et leur présence est indispensable au bon fonctionnement de l’écosystème numérique.

À l’opposé, les bots malveillants ont connu une explosion sans précédent. Passant de 32% en 2023 à 37% en 2024, ils constituent désormais la menace dominante. Ces programmes automatisés sont conçus pour extraire des données sensibles, surcharger les serveurs, voler des identifiants, manipuler les prix ou accaparer des stocks. Leur sophistication croissante les rend de plus en plus difficiles à distinguer des utilisateurs légitimes.

Répartition du trafic internet mondial en 2024

Source du trafic Part globale Évolution
Trafic humain 49% En baisse (minoritaire)
Trafic automatisé total 51% En hausse (majoritaire)
→ Bots malveillants 37% Record historique (+5 pts)
→ Bots bienveillants 14% Légère baisse

Comment l’intelligence artificielle a-t-elle transformé les cyberattaques ?

L’IA générative a provoqué un changement de paradigme dans l’économie des attaques automatisées. Deux révolutions majeures ont fondamentalement modifié l’équation pour les cybercriminels.

Premièrement, l’abaissement radical des barrières techniques. Avant l’avènement des LLM, concevoir un bot d’attaque sophistiqué nécessitait des compétences en programmation, une compréhension approfondie des protocoles web et des semaines de développement. Aujourd’hui, un prompt bien formulé peut générer un script fonctionnel en quelques minutes. Les forums spécialisés regorgent de tutoriels expliquant comment utiliser l’IA pour créer des outils de scraping, de credential stuffing ou de fraude aux clics.

Deuxièmement, les capacités d’évasion ont atteint un niveau sans précédent. Les bots modernes alimentés par l’IA imitent le comportement humain avec une précision déconcertante. Mouvements de souris naturels, patterns de navigation réalistes, temps de pause crédibles entre les actions, tout est simulé pour tromper les systèmes de détection. Le rapport Imperva révèle que 55% des attaques proviennent désormais de bots classés « avancés » ou « modérés », contre une minorité de scripts basiques facilement identifiables.

Quels secteurs sont les plus ciblés par les bots malveillants ?

Les attaquants suivent l’argent. La répartition des attaques révèle une concentration sur les industries où les données transactionnelles et les inventaires ont la plus haute valeur marchande.

Le secteur du voyage a connu une ascension fulgurante au sommet de ce classement inquiétant. Pour la première fois, l’industrie touristique absorbe 27% de toutes les attaques de bots malveillants. Les compagnies aériennes et les hôtels font face à des campagnes de scraping massives visant leurs données tarifaires. Plus pernicieux encore, la technique du « seat spinning » permet à des bots de réserver temporairement des places d’avion ou des chambres d’hôtel sans jamais finaliser l’achat, créant une pénurie artificielle qui empêche les vrais voyageurs d’accéder aux disponibilités.

Le commerce en ligne, longtemps en tête, recule à la deuxième position avec 15% des attaques. Les scalper bots continuent de sévir, raflant instantanément les éditions limitées, les consoles de jeux ou les billets de concert avant que les consommateurs légitimes n’aient le temps de cliquer. Cette automatisation de la revente crée un marché parallèle où les prix explosent, au détriment des clients ordinaires.

Classement des secteurs les plus attaqués

Rang Secteur Types d’attaques principales
1er (27%) Voyage & Tourisme Scraping tarifaire, seat spinning, blocage de disponibilités
2e (15%) E-commerce & Retail Scalping, scraping de catalogues, manipulation de prix
3e Services financiers Credential stuffing, fraude aux comptes, ATO
4e Médias & Divertissement Piratage de contenu, fraude publicitaire, faux comptes
5e Santé & Pharmaceutique Vol de données patients, scraping de prescriptions

Pourquoi les API sont-elles devenues la cible privilégiée des attaquants ?

Une mutation silencieuse est en cours dans le monde des cyberattaques. Les bots sophistiqués délaissent progressivement les pages web traditionnelles pour se concentrer sur les interfaces de programmation. Les chiffres sont éloquents : 44% du trafic de bots avancés cible désormais les API.

Cette évolution répond à une logique implacable. Les API constituent des portes d’entrée directes vers les données sensibles et la logique métier des applications. Contrairement aux interfaces utilisateur qui intègrent généralement des protections visuelles comme les CAPTCHA, les endpoints d’API sont souvent moins surveillés et plus vulnérables. Un bot peut interroger une API des milliers de fois par seconde sans déclencher les mêmes alertes qu’un comportement suspect sur une page web.

Les organisations sous-estiment fréquemment l’étendue de leur surface d’attaque API. Avec la multiplication des microservices, des applications mobiles et des intégrations tierces, le nombre d’endpoints exposés a explosé. Chaque API mal sécurisée représente une opportunité pour les attaquants de contourner les défenses périmétriques et d’accéder directement aux systèmes critiques.

Quel est l’impact réel des bots sur les entreprises ?

La domination du trafic automatisé génère des conséquences concrètes et mesurables qui affectent la rentabilité et les opérations quotidiennes des organisations. Trois risques stratégiques émergent de cette nouvelle réalité.

La distorsion des métriques marketing

Lorsque plus de la moitié du trafic provient de machines, les indicateurs de performance perdent leur fiabilité. Les taux de conversion, les impressions publicitaires, les mesures d’engagement utilisateur, tous ces KPI peuvent être significativement faussés par une activité non humaine. Les équipes marketing risquent d’allouer leurs budgets sur la base de données biaisées, finançant des campagnes qui touchent majoritairement des robots plutôt que des prospects réels.

L’explosion des coûts d’infrastructure

Chaque requête consomme des ressources serveur, de la bande passante et des capacités de traitement. Les entreprises paient littéralement pour servir du trafic à leurs propres attaquants. Dans un modèle cloud où la facturation suit la consommation, cette réalité se traduit par des factures gonflées artificiellement. Le paradoxe est cruel : les victimes financent indirectement les outils de leur exploitation.

La multiplication des prises de contrôle de comptes

Les attaques de type Account Takeover (ATO) ont bondi de 40% en 2024. Alimentés par les gigantesques fuites de données des dernières années, les bots testent méthodiquement des combinaisons d’identifiants sur des milliers de sites simultanément. Cette technique de credential stuffing exploite la tendance des utilisateurs à réutiliser leurs mots de passe, transformant chaque brèche en cascade de compromissions.

Comparatif des impacts business par type de menace

Type de menace Impact financier Impact opérationnel
Scraping de données Perte d’avantage concurrentiel Érosion de la valeur des données
Credential stuffing Fraude, remboursements Perte de confiance clients
Scalping Manque à gagner sur ventes Frustration des vrais clients
DDoS applicatif Perte de revenus directe Indisponibilité de service
Fraude publicitaire Budget marketing gaspillé Métriques faussées

Comment distinguer un bot d’un utilisateur humain ?

La frontière entre trafic humain et automatisé devient de plus en plus floue. Les bots de nouvelle génération ont appris à singer le comportement humain avec une fidélité troublante, rendant les méthodes de détection traditionnelles progressivement obsolètes.

Les CAPTCHA classiques, ces tests où l’on identifie des feux de circulation ou des passages piétons, perdent leur efficacité. Les services de résolution automatisée et les modèles de vision par ordinateur peuvent désormais les contourner à grande échelle. Le blocage par adresse IP se heurte à l’utilisation massive de proxies résidentiels qui font apparaître les bots comme des utilisateurs ordinaires connectés depuis leur domicile.

Face à cette sophistication, les défenseurs doivent adopter une approche comportementale multicouche. L’analyse en temps réel des patterns de navigation, la détection des anomalies dans les interactions avec l’interface, l’évaluation contextuelle des sessions permettent de construire un score de risque dynamique. Cette approche probabiliste accepte qu’aucun signal isolé ne suffise, mais que l’agrégation de multiples indicateurs révèle la nature véritable du visiteur.

Efficacité comparée des méthodes de détection

Méthode Bots simples Bots avancés Impact UX
CAPTCHA classique Efficace Contournable Négatif
Blocage IP Efficace Inefficace Faux positifs
Rate limiting Efficace Partiel Minimal
Analyse comportementale Très efficace Efficace Transparent
Device fingerprinting Très efficace Efficace Transparent

Quelles stratégies adopter pour se protéger des bots ?

Dans un environnement où les humains sont devenus minoritaires, la posture défensive doit évoluer radicalement. L’hypothèse par défaut ne peut plus être qu’un visiteur est humain. Les organisations doivent construire des architectures de sécurité qui considèrent chaque interaction comme potentiellement automatisée jusqu’à preuve du contraire.

La protection des API mérite une attention particulière. Avec 44% des attaques avancées ciblant ces interfaces, les stratégies de sécurité doivent intégrer une authentification robuste des applications clientes, une surveillance des anomalies dans les patterns d’utilisation et des mécanismes de throttling intelligents qui s’adaptent au comportement observé.

L’investissement dans les solutions de bot management devient incontournable. Ces plateformes combinent machine learning, analyse comportementale et intelligence sur les menaces pour identifier et bloquer le trafic malveillant en temps réel. Leur efficacité repose sur leur capacité à évoluer aussi vite que les tactiques des attaquants, dans une course permanente entre boucliers et épées.

Les équipes de sécurité doivent également collaborer étroitement avec les équipes métier et marketing. Comprendre quelles données ont de la valeur pour les attaquants, quels parcours utilisateurs sont les plus sensibles, quelles métriques sont critiques pour l’entreprise permet de prioriser les défenses et d’optimiser les ressources de protection.

Que nous réserve l’avenir du trafic internet ?

Les tendances actuelles ne montrent aucun signe de ralentissement. La progression du trafic automatisé s’inscrit dans une dynamique structurelle alimentée par les avancées continues de l’intelligence artificielle. Chaque amélioration des modèles de langage, chaque nouvelle capacité de l’IA générative élargit le champ des possibles pour les créateurs de bots.

Les agents IA autonomes représentent la prochaine frontière. Ces systèmes capables de naviguer sur le web, d’interagir avec des interfaces et d’accomplir des tâches complexes sans supervision humaine vont encore brouiller les lignes entre trafic légitime et malveillant. Un agent IA effectuant des recherches pour son utilisateur génère du trafic automatisé, mais dans une intention parfaitement légitime.

Cette évolution pose des questions fondamentales sur la nature même du web. Internet a été conçu comme un réseau de communication entre humains. Son architecture, ses protocoles, ses conventions présupposent des utilisateurs en chair et en os derrière chaque écran. L’émergence d’un web majoritairement automatisé appelle peut-être à repenser ces fondamentaux, à imaginer de nouveaux standards et de nouvelles normes adaptés à cette réalité émergente.

Conclusion : s’adapter à la nouvelle réalité du web

Le franchissement du seuil des 51% de trafic automatisé marque un tournant dans l’histoire d’internet. Cette transformation n’est pas une menace abstraite pour un futur lointain, c’est une réalité présente qui affecte aujourd’hui chaque organisation en ligne.

Les enseignements du rapport Imperva sont clairs. Les défenses héritées du passé, conçues pour un web où les humains étaient l’écrasante majorité, ne suffisent plus. Les CAPTCHA classiques, le blocage d’IP, les règles statiques sont des outils d’une époque révolue face à des adversaires qui exploitent l’IA pour évoluer continuellement.

La réponse réside dans l’adoption d’une posture de vigilance continue, dans l’investissement dans des technologies de détection comportementale, dans la protection spécifique des API et dans une collaboration étroite entre équipes techniques et métier. Les organisations qui sauront s’adapter à cette nouvelle donne conserveront leur capacité à servir efficacement leurs vrais clients. Les autres risquent de voir leurs ressources détournées, leurs données pillées et leur compétitivité érodée par des adversaires invisibles et infatigables.

Internet n’est plus un espace réservé aux humains. C’est désormais un territoire partagé, et il appartient à chaque organisation de défendre sa parcelle.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un bot malveillant et comment fonctionne-t-il ?

Un bot malveillant est un programme informatique automatisé conçu pour effectuer des actions nuisibles sur internet sans intervention humaine. Ces robots logiciels peuvent scraper des données sensibles, tester des identifiants volés, accaparer des stocks en ligne, générer du faux trafic publicitaire ou surcharger des serveurs. Ils fonctionnent en envoyant des requêtes automatisées aux sites web et aux API, souvent en imitant le comportement d’utilisateurs légitimes pour éviter la détection. Les bots avancés utilisent désormais l’intelligence artificielle pour reproduire des mouvements de souris naturels, des temps de pause réalistes et des patterns de navigation crédibles.

Pourquoi le trafic automatisé dépasse-t-il le trafic humain en 2024 ?

Le basculement vers une majorité de trafic automatisé s’explique principalement par la démocratisation de l’intelligence artificielle générative. Les grands modèles de langage ont considérablement abaissé les barrières techniques pour créer des bots sophistiqués. Un opérateur peut désormais générer du code de scraping ou d’attaque en quelques minutes sans expertise en programmation. Parallèlement, les outils d’IA permettent aux bots de mieux imiter le comportement humain, les rendant plus difficiles à détecter et donc plus efficaces. Cette combinaison d’accessibilité accrue et de sophistication renforcée a provoqué une explosion du nombre et de l’efficacité des bots malveillants.

Quelle est la différence entre un bon bot et un mauvais bot ?

Les bons bots (good bots) sont des programmes automatisés qui rendent des services utiles à l’écosystème internet. Ils incluent les crawlers des moteurs de recherche qui indexent les pages pour le référencement, les vérificateurs de droits d’auteur, les outils de monitoring de disponibilité et les agrégateurs de prix légitimes. Ces robots représentent environ 14% du trafic web. Les mauvais bots (bad bots) sont conçus avec des intentions malveillantes : vol de données, fraude, perturbation de services, manipulation de prix ou usurpation d’identité. Ils représentent désormais 37% du trafic total et leur activité nuit directement aux entreprises et aux consommateurs.

Combien coûtent les attaques de bots aux entreprises ?

Les coûts des attaques de bots sont multidimensionnels et souvent sous-estimés. Ils comprennent les coûts d’infrastructure directs liés au traitement du trafic malveillant, pouvant représenter jusqu’à 30% de la facture cloud pour les sites fortement ciblés. S’ajoutent les pertes commerciales dues au scalping de stocks limités, au seat spinning dans le voyage, ou à la manipulation des prix. Les attaques de credential stuffing génèrent des fraudes aux comptes et des coûts de support client. La fraude publicitaire détourne les budgets marketing vers du trafic non humain. Au total, les estimations de l’industrie situent le coût global des bots malveillants à plusieurs milliards d’euros annuellement pour les entreprises européennes.

Comment protéger mon site web contre les bots malveillants ?

Une protection efficace contre les bots nécessite une approche multicouche. Commencez par déployer une solution de bot management qui combine analyse comportementale, fingerprinting de device et machine learning. Protégez spécifiquement vos API avec une authentification robuste et un monitoring des anomalies. Implémentez du rate limiting intelligent qui s’adapte aux patterns suspects. Surveillez vos métriques pour détecter les distorsions causées par le trafic automatisé. Formez vos équipes à reconnaître les signes d’attaques de bots. Maintenez vos défenses à jour car les tactiques évoluent rapidement. Enfin, partagez les informations sur les menaces avec votre écosystème pour bénéficier de l’intelligence collective.

Pourquoi les API sont-elles particulièrement vulnérables aux bots ?

Les API constituent des cibles privilégiées car elles offrent un accès direct aux données et à la logique métier sans les couches de protection visuelle des interfaces utilisateur. Contrairement aux pages web qui intègrent souvent des CAPTCHA ou des vérifications JavaScript, les endpoints d’API sont conçus pour être facilement accessibles par des programmes. La multiplication des microservices et des applications mobiles a considérablement étendu la surface d’attaque API. De plus, de nombreuses organisations n’ont pas une visibilité complète sur leurs API exposées, créant des angles morts exploitables. Le rapport Imperva révèle que 44% du trafic de bots avancés cible désormais les API.

Qu’est-ce que le credential stuffing et comment s’en protéger ?

Le credential stuffing est une technique d’attaque automatisée où des bots testent des combinaisons d’identifiants volés lors de fuites de données sur de multiples sites web. Cette méthode exploite la tendance des utilisateurs à réutiliser les mêmes mots de passe sur différents services. Les attaques ATO (Account Takeover) ont augmenté de 40% en 2024 grâce à cette technique. Pour s’en protéger, les entreprises doivent implémenter une authentification multifacteur, détecter les tentatives de connexion anormales, limiter le nombre d’essais autorisés, et utiliser des solutions capables d’identifier les patterns de credential stuffing. Les utilisateurs doivent utiliser des mots de passe uniques et des gestionnaires de mots de passe.

Les CAPTCHA sont-ils encore efficaces contre les bots en 2025 ?

L’efficacité des CAPTCHA traditionnels s’est considérablement érodée face aux bots modernes. Les services de résolution automatisée utilisant l’IA peuvent contourner la plupart des tests visuels classiques. Les CAPTCHA avancés restent plus efficaces mais impactent négativement l’expérience utilisateur, créant de la friction pour les visiteurs légitimes. Les experts recommandent désormais une approche complémentaire : utiliser les CAPTCHA comme un signal parmi d’autres dans un système de détection comportementale multicouche, plutôt que comme unique ligne de défense. Les solutions invisibles qui analysent le comportement sans interrompre l’utilisateur offrent un meilleur équilibre entre sécurité et expérience.

Quels secteurs d’activité sont les plus ciblés par les bots malveillants ?

Le secteur du voyage et du tourisme est désormais le plus ciblé avec 27% des attaques, devançant pour la première fois le e-commerce (15%). Les compagnies aériennes et hôtels subissent du scraping tarifaire massif et des techniques de seat spinning qui bloquent artificiellement les disponibilités. Le retail reste fortement touché par les scalper bots qui raflent les stocks limités. Les services financiers font face à d’intenses campagnes de credential stuffing et de fraude aux comptes. Les médias et le divertissement subissent le piratage de contenu et la fraude publicitaire. Le secteur de la santé est ciblé pour ses données patients sensibles. Toute industrie manipulant des données de valeur ou des inventaires limités est potentiellement vulnérable.

Comment l’IA générative a-t-elle changé le paysage des cyberattaques ?

L’intelligence artificielle générative a provoqué une révolution dans l’économie des cyberattaques. Elle a démocratisé la création de bots sophistiqués en permettant à des opérateurs sans compétences techniques de générer du code malveillant via de simples prompts. Elle a amélioré les capacités d’évasion des bots qui imitent désormais le comportement humain avec une précision troublante. Elle a accéléré l’adaptation des attaquants qui peuvent rapidement modifier leurs scripts face aux nouvelles défenses. Imperva rapporte avoir bloqué 2 millions d’attaques alimentées par l’IA quotidiennement en 2024. Cette tendance pousse les défenseurs à adopter eux aussi l’IA pour maintenir l’équilibre dans cette course aux armements permanente.

Source de l’étude : https://cpl.thalesgroup.com/sites/default/files/content/campaigns/badbot/2025-Bad-Bot-Report.pdf